Le nom du quartier français à Marrakech

En 1913, l’administration du protectorat français décide de créer un nouveau quartier à l’extérieur des remparts de Marrakech. Le projet porte un nom dérivé du mot berbère « igiliz », qui signifie « sanctuaire ». Contrairement à d’autres quartiers coloniaux, celui-ci n’a jamais officiellement été appelé « quartier français » dans les documents administratifs, mais la population locale l’adopte rapidement sous ce surnom.

Guéliz devient alors le centre de l’activité européenne, tout en coexistant avec la vieille ville, la médina, selon des logiques urbaines séparées. Ce découpage influence encore aujourd’hui la vie sociale et commerciale de Marrakech.

Guéliz, le quartier français qui façonne le visage moderne de Marrakech

À l’ouest de la médina de Marrakech, Guéliz s’affirme comme le cœur moderne de la ville. Dès le début du XXe siècle, porté par la vision de l’urbaniste Henri Prost, ce quartier, construit sur le plateau du jbel Guéliz, incarne la naissance de la ville nouvelle. Son tracé régulier et dégagé tranche nettement avec l’entrelacs millénaire des ruelles rouges de la médina.

Le quartier Guéliz Marrakech s’organise autour de l’avenue Mohammed V, large artère animée qui rassemble commerces, administrations et cafés emblématiques. Les anciennes villas coloniales, peu à peu remplacées par des immeubles, témoignent du rythme effréné des transformations. L’architecture art déco s’y mêle à des influences contemporaines, dessinant un paysage urbain éclectique et sans cesse en mouvement.

Pour mieux saisir la singularité de Guéliz, voici trois repères marquants :

  • Guéliz a été un véritable terrain d’expérimentation architecturale sous le protectorat.
  • La ville nouvelle a longtemps incarné un élan de modernité, à côté de la tradition portée par la médina.
  • Dès les années 1920, écoles, postes et banques trouvent leur place dans ce secteur pionnier.

Ce contraste traverse encore aujourd’hui le quartier : d’un côté, rues parfaitement alignées ; de l’autre, jardins intérieurs cachés derrière les murs d’anciennes demeures coloniales. Guéliz n’est plus seulement un héritage du passé : il incarne, jour après jour, la rencontre entre patrimoine, modernité et mouvement permanent.

Pourquoi Guéliz attire-t-il autant les visiteurs curieux de culture et d’art de vivre ?

Dans le quartier Guéliz, chaque rue affiche la volonté d’une Marrakech ouverte sur demain, tout en préservant des traces de son histoire coloniale qui intrigue les passionnés de culture contemporaine. Des galeries d’art aux boutiques de créateurs, la vie culturelle se mêle aux terrasses animées, créant un mélange inédit entre influences européennes et traditions marocaines.

Le MACMA (Musée d’art et de culture de Marrakech) s’impose comme un lieu-phare. Ses expositions éphémères capturent l’air du temps et attirent une clientèle cosmopolite avide de nouvelles découvertes. À proximité, les vitrines du Carre Eden et les boutiques de luxe marquent une nouvelle façon d’aborder le shopping, loin de l’effervescence des souks de la médina.

La gastronomie s’invite sans complexe : les restaurants du quartier, de la cuisine marocaine revisitée aux tables internationales, rivalisent d’inventivité. La vie nocturne s’exprime à travers les néons des bars et clubs, tandis que les cafés datant des années 1930, véritables témoins d’un autre temps, accueillent une clientèle bigarrée de locaux et de voyageurs.

Voici deux aspects qui expliquent pourquoi Guéliz s’impose comme un incontournable :

  • Guéliz, à la fois résidentiel et commerçant, offre une convivialité urbaine rare dans la ville ocre.
  • Le quartier bénéficie d’un réseau de transports efficace : bus, taxis, accès facilité qui relient chaque secteur en un clin d’œil.

Ce lieu hybride, à la fois moteur économique et pôle touristique, se démarque par sa capacité à saisir l’air du temps. Ceux qui s’y aventurent découvrent une énergie créative et l’art de vivre à la marocaine, revisité à l’aube du XXIe siècle.

Deux jeunes hommes discutant dans un café de Marrakech

Les adresses incontournables et expériences à ne pas manquer à Guéliz

Au cœur de Guéliz, le jardin Majorelle invite à une pause sous le bleu saisissant imaginé par le peintre, au milieu d’une jungle végétale apaisante. Propriété de Yves Saint Laurent jusqu’en 2008, ce havre dialogue aujourd’hui avec le musée Yves Saint Laurent voisin, écrin de la haute couture.

Le Grand Café de la Poste séduit par son décor Belle Époque, ses banquettes en cuir patiné et son ambiance unique. Non loin, le café des Négociants perpétue la tradition des échanges passionnés autour d’un café serré. Ceux qui veulent ressentir la vitalité artistique du quartier poussent la porte de la galerie 127 ou de la Loft Art Gallery, où s’expose le meilleur de la création contemporaine marocaine.

Quelques adresses et expériences à retenir pour qui souhaite saisir l’âme de Guéliz :

  • Le MACMA donne à voir l’art moderne sous un angle inédit, séduisant les amateurs de découvertes visuelles.
  • Le marché de Guéliz s’éveille chaque matin, coloré et parfumé, entre épices et fruits frais.
  • L’adresse Al Fassia Guéliz reste une référence pour savourer une cuisine marocaine raffinée, tandis que la pâtisserie Amoud régale les gourmands de douceurs du cru.

La gare ferroviaire de Marrakech, bijou d’architecture contemporaine, incarne la rencontre entre héritage et renouveau. Près du parc El Harti, citadins et visiteurs profitent d’un jardin public ponctué de sculptures Art déco, parenthèse de calme au cœur d’une ville qui ne dort jamais.

Guéliz poursuit sa route, entre passé cosmopolite et innovations, avec ce parfum de liberté qui attire et retient, encore et toujours.

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